| Vendor | |
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Liepman Literary Agency
Marc Koralnik |
| Original language | |
| French | |
NOS CONVERSATIONS DU MERCREDI
Angelo, inscrit au collège en classe de 4e, rend visite à son grand-père Arrigo tous les mercredis. Sa mère Charlotte, la fille d'Arrigo, est morte récemment d'une sale maladie. Leur conversation dérive au gré du moment. Il est rare qu'ils évoquent Charlotte directement mais on sent que c'est elle qui donne à leurs échanges un sentiment d'urgence.
Angelo rêve de devenir informaticien et codeur, il veut travailler dans l'algorithme, dit-il, il ne sera pas chirurgien comme son grand-père, ni médecin, c'est bien trop triste les gens malades et inquiets. Angelo est bon en maths mais il craint de faire partie d'un groupe imaginaire, les « élèves décrocheurs ». N'avance pas à reculons face à ce qui te plaît, « Dis-lui de dire oui à ce dont il a envie », avait soufflé Charlotte à son père, Arrigo. Angelo n'aime pas la littérature mais il avale quantité de bouquins quand il n'est pas sur son ordinateur. Le père d'Arrigo collectionnait les livres pour qu'un jour ses enfants les lisent.
Déviant la conversation, Arrigo raconte ce qu'il sait de l'histoire de sa famille paternelle. Un arrière-grand-père venu de Hongrie, émigré à Venise. Le père d'Arrigo s'appelait lui aussi Angelo. Pendant la guerre de 1914, il était pilote d'hydravions et chassait les sous-marins au large du port de Palerme. Angelo l'ancien avait prétendu qu'il avait échappé à la guerre dans les tranchées grâce à sa grande taille. Angelo le petit a trouvé ça bizarre qu'on refuse les tranchées aux hommes de grande taille et qu'on les envoie dans l'aviation. Peut-être s'agit-il d'un faux souvenir. Arrigo s'aperçoit que cette bizarrerie, il l'a toujours acceptée comme un fait ; avant la remarque d'Angelo le petit, il ne l'avait jamais remise en question. Ils vont découvrir d'autres bizarreries, silences et mystères dans cette famille, comme souvent dans les familles
Ils préparent leur voyage en Angleterre. À Londres, le meilleur moment pour Angelo, c'est sa rencontre avec Pete, un ami de son père, tous les deux musiciens de jazz. Pete lui coupe les cheveux courts sur les côtés, fournis sur le haut du crâne dans son salon de coiffure « We are Cuts ». À Cambridge Angelo est déçu. Trop austères, les bâtiments, on se croirait au Moyen-Âge ; trop étrange, l'office du soir à la chapelle du King's College. Angelo : et, à présent, qu'est-ce que tu aimerais faire ? Ils en arrivent à se poser mutuellement la
question suivante : le Tartuffe de Molière, si on te confiait la mise en scène, tu en ferais quoi ? Qu'est-ce que tu
ferais des personnages ? Tartuffe est-il le gros dégueulasse qu'on décrit d'ordinaire, ou bien a-t-il suffisamment de charme pour plaire à Elmire ?
Quand ils parlent, Angelo s'installe habituellement sur le fauteuil, la tête en bas, si bien qu'Arrigo a l'impression de parler à ses pieds, déjà grands comme des barques.
Quand transmettre, quoi, comment ? Cette question universelle est-elle un devoir, une exigence, une
éthique ? Arrigo Lessana choisit la vie, l'humour, la tendresse, pour qu'il n'y ait ni oubli ni inquiétude.
Nombreux y trouveront un modèle.
Né à Paris de parents italiens, Arrigo Lessana a été chirurgien du coeur pendant plus de trente ans. Il a opéré et enseigné dans bien des parties du monde. En 2010, il publie un récit, L'Aiguille (Denoël), réflexion sur l'expérience médicale et l'invention, nouée au fil de l'apprentissage quotidien de la vie. En 2015, paraît son premier roman, Le Sens de l'orientation (Christian Bourgois éditeur).
Angelo rêve de devenir informaticien et codeur, il veut travailler dans l'algorithme, dit-il, il ne sera pas chirurgien comme son grand-père, ni médecin, c'est bien trop triste les gens malades et inquiets. Angelo est bon en maths mais il craint de faire partie d'un groupe imaginaire, les « élèves décrocheurs ». N'avance pas à reculons face à ce qui te plaît, « Dis-lui de dire oui à ce dont il a envie », avait soufflé Charlotte à son père, Arrigo. Angelo n'aime pas la littérature mais il avale quantité de bouquins quand il n'est pas sur son ordinateur. Le père d'Arrigo collectionnait les livres pour qu'un jour ses enfants les lisent.
Déviant la conversation, Arrigo raconte ce qu'il sait de l'histoire de sa famille paternelle. Un arrière-grand-père venu de Hongrie, émigré à Venise. Le père d'Arrigo s'appelait lui aussi Angelo. Pendant la guerre de 1914, il était pilote d'hydravions et chassait les sous-marins au large du port de Palerme. Angelo l'ancien avait prétendu qu'il avait échappé à la guerre dans les tranchées grâce à sa grande taille. Angelo le petit a trouvé ça bizarre qu'on refuse les tranchées aux hommes de grande taille et qu'on les envoie dans l'aviation. Peut-être s'agit-il d'un faux souvenir. Arrigo s'aperçoit que cette bizarrerie, il l'a toujours acceptée comme un fait ; avant la remarque d'Angelo le petit, il ne l'avait jamais remise en question. Ils vont découvrir d'autres bizarreries, silences et mystères dans cette famille, comme souvent dans les familles
Ils préparent leur voyage en Angleterre. À Londres, le meilleur moment pour Angelo, c'est sa rencontre avec Pete, un ami de son père, tous les deux musiciens de jazz. Pete lui coupe les cheveux courts sur les côtés, fournis sur le haut du crâne dans son salon de coiffure « We are Cuts ». À Cambridge Angelo est déçu. Trop austères, les bâtiments, on se croirait au Moyen-Âge ; trop étrange, l'office du soir à la chapelle du King's College. Angelo : et, à présent, qu'est-ce que tu aimerais faire ? Ils en arrivent à se poser mutuellement la
question suivante : le Tartuffe de Molière, si on te confiait la mise en scène, tu en ferais quoi ? Qu'est-ce que tu
ferais des personnages ? Tartuffe est-il le gros dégueulasse qu'on décrit d'ordinaire, ou bien a-t-il suffisamment de charme pour plaire à Elmire ?
Quand ils parlent, Angelo s'installe habituellement sur le fauteuil, la tête en bas, si bien qu'Arrigo a l'impression de parler à ses pieds, déjà grands comme des barques.
Quand transmettre, quoi, comment ? Cette question universelle est-elle un devoir, une exigence, une
éthique ? Arrigo Lessana choisit la vie, l'humour, la tendresse, pour qu'il n'y ait ni oubli ni inquiétude.
Nombreux y trouveront un modèle.
Né à Paris de parents italiens, Arrigo Lessana a été chirurgien du coeur pendant plus de trente ans. Il a opéré et enseigné dans bien des parties du monde. En 2010, il publie un récit, L'Aiguille (Denoël), réflexion sur l'expérience médicale et l'invention, nouée au fil de l'apprentissage quotidien de la vie. En 2015, paraît son premier roman, Le Sens de l'orientation (Christian Bourgois éditeur).
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Book
Published 2018-10-11 by Christian Bougois Editeur |